Où est la place de bébé pour dormir?

Je ne vous dirai jamais de faire comme ci ou comma ça, je ne vous donnerai jamais de grandes leçons de vie ou de morale. Je ne suis personne pour faire cela et d’ailleurs personne ne devrait le faire. Je trouve que vous raconter notre expérience, comment cela s’est passé pour nous est bien plus parlant. Après chacun est libre d’en faire ce qu’ils désirent et personne ne devra juger vos actes et vos opinions.

Les premiers jours et les premières nuits sont si difficiles, fatiguant et éreintants que nous n’avons pas hésité longtemps. Même si l’éventail des possibilités est large : dans sa chambre, dans votre chambre, dans un berceau ou encore dans un side bed (lit accolé au lit parental) pour nous le choix était évident. Il dormira dans un joli berceau, à côté de moi. Je voulais pouvoir avoir un œil sur lui, pouvoir vérifier qu’il allait bien, qu’il respirait, et pouvoir être là s’il avait besoin de moi. Puis un nourrisson se réveille tellement souvent pour prendre le bibi qu’il était nécessaire pour nous, de le réveiller le moins possible et nous de rester dans un sommeil léger. Histoire de ne pas se retrouver sur les rotules trop rapidement.

Pour être totalement honnête et transparente, si j’ai désiré garder Aaron près de moi la nuit c’était pour une seule raison… Il faut juste remonter quelques jours, quelques semaines en arrière pour arriver à mon accouchement.

Rappelez-vous, quand il vous a raconté comment il est venu au monde (cf article « Je suis né… ») Aaron vous a dit qu’il a été, pendant un moment; en manque d’oxygène dans le sang, et son petit cœur s’emballait beaucoup. C’est à ce moment-là qu’on m’a expliqué que l’expulsion devrait durer 10 min, qu’on n’avait pas une minute de plus devant nous. Aaron devait sortir vite, très vite. Quand il a été mis sur mon ventre, il n’a pas crié, il ne fallait pas. Il ne fallait pas que le méconium (selle épaisse et collante sécrétée par le nourrisson dans le ventre de sa mère) passe dans ses poumons lors de sa première inspiration. Il n’a pas pleuré, je l’ai trouvé violet, il était mou, inerte. Quand il est parti avec Papa à l’autre bout de la salle d’accouchement, la puéricultrice l’a aspiré deux fois avant qu’il puisse émettre son premier cri. Je n’ai pas pu profiter de notre tout premier contact. Et le souvenir de ce passage de mon accouchement reste encore très frais et sensible pour moi. A chaque fois que j’en parle, ces moments-là me glacent le sang, mes poils s’irisent. J’ai tellement eu peur de le perdre, tellement eu peur que quelque chose lui arrive.

J’avais besoin d’être proche de lui, besoin de lui montrer et qu’il ressente que je ne l’abandonnerai jamais.

Si nous avons décidé qu’Aaron dormirait dans notre chambre c’était pour lui mais également pour moi. Nous avions besoin tous les trois de cette proximité corporelle. Nous étions dans une période de fusion.

2 jours après son premier mois de vie, en revenant de vacances, j’ai compris que le berceau n’était plus fait pour lui. Il n’y était plus à son aise. Une sieste dans son grand lit, puis deux et enfin sa première nuit. Elle a été merveilleuse pour lui et pour nous. Lui était dans son grand lit, entouré par son odeur, notre odeur et ses doudous qui comblaient le vide autour de lui. Je lui avais préparé un véritable petit cocon. Pour nous aussi, elle fût reposante. Nous n’étions pas parasités par ses petits bruits, vous savez tous ces petits sons qu’un nourrisson peut émettre en dormant ?! Vous pensez qu’il pleure, vous vous réveillez, allumez une veilleuse et vous vous rendez compte qu’il rêve. Il respire fort, vous vérifiez qu’il va bien. Il gémit, vous pensez que c’est l’heure du bibi alors qu’il bouge seulement.

A partir de ce moment-là, Aaron n’a plus jamais dormi dans son berceau à côté de moi. Cela s’est fait naturellement. Je n’ai pas eu de pincement au cœur, je n’ai pas été mal, et Papa non plus. Nous lui avons parlé et expliqué qu’on était là, juste à côté. Que s’il avait besoin de nous, nous n’étions pas loin.

Tous les soirs, en le couchant, je l’embrasse et je le couvre. Quand je vais, à mon tour, me coucher, je retourne le voir (je vous passe quand même les détails de la caméra qui est sans cesse branchée et des quelques allers retours dans sa chambre pour le voir), je l’embrasse à nouveau, je lui caresse les cheveux, le reborde et lui glisse à l’oreille un « Je T’aime » Je ne me suis jamais endormie avant de lui avoir chuchoté ces quelques mots d’amour.

Je pense que c’est à vous de prendre votre décision. Il n’y a pas de recette magique en matière d’éducation. Tout est possible et rien n’est interdit !!! Il faut juste faire au feeling.

 

4 Comments

  1. Maman Kawazu

    Tu as aussi vécu un accouchement difficile, c’était à quelque chose près la même chose pour moi donc je te comprends totalement.

    En gros beaucoup de ralentissements du coeur dès mon premier monito, des heurs d’attente et une maternité complètement débordée, une rachi-anéstésie qui ne fonctionne pas (je devais partir en césarienne car mon fils n’allait pas bien et le travail n’avançait pas assez vite), un accouchement à la dernière minute naturellement mais sans péridurale donc beaucoup de souffrances, mon fils qui naît complètement inerte…. Je me souviens avoir entendu « tendez les bras » alors que j’étais dans un autre monde après toute ma panique d’accoucher dans cette souffrance, avoir tendu les bras mais n’avoir rien touché… ils l’ont emmené dans une autre pièce, on est resté seuls une demi heure sans nouvelles de lui. C’était traumatisant, deux ans après ça me fait encore du mal. Ils me l’ont ramené 5 min à peine, le temps de voir son visage et ils me l’ont repris de nouveaux pour plusieurs heures car il allait mal. J’ai accouché à 3h du matin, à 7h du matin on attendait encore en salle d’accouchement sans nouvelles de lui puis ils m’ont amené dans une chambre double et ont demandé au papa de rentrer à la maison. Je me suis retrouvée seule de 7h à 11h, sans mon fils et sans mon pilier. Horrible. Je n’ai pu voir mon fils qu’à 11h au moment des visites, je n’ai pas pu avoir de premier contact ou faire la têtée de bienvenue et j’ai eu l’impression qu’on nous a volé nos premiers moments.

    A cause de cela mon fils avait besoin de beaucoup de contact et d’attention. Il n’a pas fait de siestes avant ses un an, mis à part 15 min dans mes bras uniquement, impossible de le poser dans un transat ou une poussette et les nuits étaient très difficiles. A 27 mois on pratique encore le co-dodo une partie de la nuit… Par contre bébé ce qui m’a beaucoup aidé c’est le portage, j’en parle aussi sur mon blog, je ne sais pas si tu connais et pratique ? Au moins je pouvais vaquer à mes occupations, l’endormir facilement et même aller promener. Il était super bien et dormait contre moi sans que je sois « coincée ». C’est simplement génial, pour le prochain je commencerais beaucoup plus tôt ! 🙂

    Répondre
    1. Les Blablas de Maman Cynthia

      Amandine,
      Nos accouchements ont en effet l’air similaire, mais pas le après. Et en te lisant, j’ai eu des frissons. Je te comprends car moi je suis maman, quand d’autres te diraient « l’essentiel c’est qu’il aille bien !! » Oui Oui sauf que comme tu dis, on vous a volé vos moments. Et il a bien rattrapé ça lol !!!
      L’écharpe de portage je connais, je ne l’utilise pas à la maison car Aaron adore être dans son parc, jouet sur son transat avec son arche ou encore me regarder pendant des heures faire la cuisine ou le ménage LOL Je t’avoue que je ne sais pas comment tu as fait. Le quotidien devait être bien lourd mais pauvre petit loup ce n’était pas sa faute. Autant que toi, il a eu le sentiment qu’on lui volait ses premiers instants avec sa maman.
      Pour le cododo, on le pratique nous aussi. Notamment parce que bébé dort sur le ventre, donc après le bibi de 6h30-7h30 il se rendort de suite et quand je suis fatiguée, je le mets sur le côté, je le bloque avec un oreiller et hop c’est reparti pour quelques heures. Sinon je le rendors au bras, mais je suis obligée d’attendre 30 bonnes minutes si je ne veux pas qu’il me fasse un vomito. Donc pour nous, le cododo c’est plutôt du confort, moins de fatigue, mais aussi on va se mentir, un moment d’amour intense, où je me réveille souvent le bras sur lui, ma tête enfouie dans son cou. Puis quel plaisir d’être réveillé en attendant son fils gazouiller et tirer les cheveux, comme pour dire, « Allé c’est l’heure, je ne suis plus fatiguée!! » LOL

      Xoxo,
      Cynthia Les Blablas de Maman

      Répondre
  2. Julie

    Au top votre article, merci bien !

    Répondre
    1. Les Blablas de Maman Cynthia

      Bonsoir Julie,

      Je vous remercie pour ce gentil commentaire.
      A bientôt sur le blog.
      Xoxo
      Cynthia, Les Blablas de Maman

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *