Ne me laisses pas …

Quelle sacrée période …

Aaron hurle, pleure, vient nous chercher dès qu’on quitte son champs de vision. On a beau lui expliqué que l’on revient, que l’on va aux WC, chercher le linge dans la machine ou juste fumer une cigarette, il se met à hurler 😮 
Après quelques minutes, quand je reviens soit il est inconsolable (et mon cœur de Maman se brise, je culpabilise) soit il se met à sourire. C’est à ne rien y comprendre !!!
Bizarrement quand je le laisse le matin à la nounou, il ne se passe rien.
Quand il va chez Papy et Mamie ou chez les Taties, rien non plus.
Par contre, il leur est également compliqué de le laisser seul quelques minutes → Sinon … pleurs, larmes et crises assurés !!

Monsieur commence à avoir son caractère ?

Je me suis dit que cela ne devait pas arriver seulement à Aaron. J’ai cherché, je me suis documentée pour connaître la bonne attitude à adopter.
Comment vous dire que je n’ai pas envie que cela dure !!

Quelle bécasse suis- je !!! Mais enfin c’est logique, pourquoi n’y- je pas pensé avant ?

Vers 7-8 mois, nos bébés développent le sens de l’individualité. A la naissance, ils « pensent » ne faire qu’un avec nous. Que nous et lui ne font qu’une seule et même personne.
Petit à petit, ils développent différentes capacités physiques, mentales et psychologiques. Ils comprennent qu’ils sont des personnes à part entière.
C’est à ce moment là qu’Aaron a compris que je pouvais le laisser seul, et que je pouvais me séparer de lui. Et cela a commencé à 7mois !!

Bonjour Monsieur le sentiment d’abandon !! Enchanté de faire votre connaissance 😕 

Connu aussi sous le nom de l’angoisse du 8ème mois, elle peut perdurer quelques mois supplémentaires.

Ainsi Aaron comprends que je le laisse chez la nounou le matin, mais que le soir je viens le récupérer. Tout simplement car c’est une habitude. En faite, il ne comprends pas réellement. Il a juste mémorisé qu’il allait dans un lieu connu, où il se sent bien et le soir je venais le récupérer.
D’où aussi l’importance de ne pas laisser bébé en collectivité trop tard. Au risque d’être en plein dans cette période !!
Vers 6 mois c’est bien, plus tard cela peut être risqué, ou tout simplement plus dure.

C’est donc aussi le moment, puisque nous ne faisons plus un, pour lui de se forger son propre caractère, sa propre personnalité et d’aller de l’avant, à la découverte du monde qui l’entoure.
C’est un moment, aussi beau qu’important pour Aaron, qui le rends très anxieux, comme beaucoup de bébés à cet âge là. Un moment, une période essentielle à sa construction de son « lui intérieur ». Une période essentielle qui dessine bien souvent leurs traits de caractères futurs.
Ils se sont tellement attachés à nous qu’à chaque fois que vous les laissez seuls, même une toute petite seconde, ils se mettent à pleurer.

Grâce à leurs facultés intellectuelles naissantes, ils vont enregistrer, mémoriser, que lorsque l’on part c’est pour mieux revenir !! La confiance qu’ils auront en nous sera plus forte car nous leur montrons notre amour et notre préoccupation pour leur bonheur.

C’est ce sentiment de confiance qui effacera petit à petit cet angoisse, cet peur de l’abandon.

Comment vaincre cet peur ?
Ne filez pas en douce, quand il a le dos tourné, vous amplifierez juste son sentiment d’abandon et cela ne va pas l’aider. Aussi dure soit il, dites lui au revoir, faites lui un bisou et dites lui que vous revenez le chercher bientôt. Il n’a pas encore la notion du temps, 5 min et 5 heures pour lui, c’est presque pareil.
Même si cela s’en suit de pleurs et de cris, petit à petit, tout cela sera de moins en moins violent pour lui. Ses capacités intellectuelles évolueront et tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir.

Comment cela se traduit il chez Aaron ?
Cela a commencé vers son 7ème mois. Dès que nous sortions de son champ de vision, il se mettait à hurler. Tout était amplifié avec la fatigue, bien sûr. Maintenant qu’il fait du 4 pattes, si je vais dans le garage chercher mon linge, il me suit en pleurant, si je sors fumer une cigarette, il se mets derrière la porte et hurle.
Cela s’est également traduit au moment du coucher, il se mettait à pleurer, après notre petit rituel du soir.
Comme beaucoup de mamans, je me suis dit « Et Bah ça promets !!! »
Puis, j’ai eu ce sentiment de ne plus pouvoir rien faire, sans l’avoir dans les pattes.
Puis, j’ai eu ce sentiment de ne pas comprendre mon enfant, de me dire qu’il faisait des caprices → Des caprices à cet âge là ? N’importe quoi voyons !!!
Le prendre avec moi dans la salle de bain pendant que je me douche, que je me prépare c’est envisageable et je l’ai même tenté, mais très honnêtement, au plus bébé grandit, au moins il est en sécurité.
Je veux surtout, peu importe le temps que cela prendra, qu’il comprenne que je ne suis pas loin et que je reviens.

Maintenant ?
Avant de sortir de son champ de vision, je le préviens « Maman va chercher le linge, je reviens, je suis juste là!! » Si je l’entends pleurer, je lui parle pour le rassurer, qu’il entende ma voix et qu’il comprenne que je suis toujours près de lui, même s’il ne me voit pas.
Quand on le laisse à la nounou, ou chez Papy et Mamie, on lui fait toujours un bisou, on lui dit au revoir, il commence à nous répondre à bougeant sa main de haut en bas, c’est adorable à voir ♥
Nous ne sommes jamais partis en catimini !! Et je ne souhaite jamais le faire. Tant pis si mon cœur de maman risque de morfler, quand en fermant la porte, je l’entendrai pleurer.
Le soir, au moment du coucher, je le garde dans mes bras quelques secondes, je le couvre de bisous, je lui explique la journée de demain, et je le pose dans son lit. Je reste à côté, je lui dis que je l’aime et je lui caresse la tête jusqu’à ce qu’il soit en position de dormir, au calme et qu’il comprenne que je suis là. Qu’il comprenne que demain matin, je serai toujours là, à son réveil.

On essaye, des fois, cela fonctionne, d’autres fois cela est plus compliqué, mais petit à petit Aaron comprendra, mémorisera et tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir.

A chaque fois, mon cœur de Maman s’emballe, se serre, j’ai envie de pleurer car je vois dans son regard la détresse et la peur.
Mais je tiens bon, je sais que cela est pour son bien.
Je fais tout ce que je peux …
Il ira mieux quand je reviendrai dans son périmètre, dans quelques minutes ou dans quelques heures.

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