Ce Jour là … Les Baux de Provence

C’était à l’aube de ton 7ème mois.

Ce week-end là, tout était parfait. Un temps printanier, une balade dominicale dans le plus beau village de France. Les oiseaux qui chantaient et une légère brise qui faisait crépiter les feuilles.

J’ai toujours rêvé et imaginé ces moments là. Ce qu’on ferait quand on serait parent. Ce que je ferai quand je serais maman. Je laissais mon esprit prendre le large, et mon cœur s’emballait quand je pensais à « Après » !

Puis tu as le pointé le bout de ton nez, puis je suis devenue une maman, ta maman avec mes défauts et mes qualités. Une maman imparfaite mais qui fait de son mieux tous les jours.
Ce jour là, tout ce que j’avais imaginé n’était pas à la hauteur de ce que nous vivons réellement…

Nous aimons tous les trois nous évader, prendre le large. Pas forcément bien loin, mais nous nous accordons toujours notre petite parenthèse hebdomadaire. Une parenthèse qui nous permet d’affronter le reste de la semaine plus paisiblement. Entre le travail, la maison et toi, disons que les journées sont un peu chargées… Je n’ai pas toujours le temps ou l’occasion de m’amuser avec toi, en rentrant du travail. Quelques fois tu acceptes de jouer quelques minutes, comme si tu savais que j’en avais besoin, comme si tu voulais me faire plaisir. Puis tu me rappelles rapidement à l’ordre, il est tard, tu as envie d’aller au bain, de prendre ton biberon, de me faire un câlin et d’aller dans les bras de Morphée.

Ces moments là que nous vivons, tous les deux ou tous les trois sont une véritable bouffée d’air frais. Il n’y a que NOUS qui comptons, tout le monde gravite autour de nous mais personne ne nous atteint.

Nos instants à nous, on s’oblige à les vivre pleinement. On laisse les soucis du travail, les tracas quotidiens et la routine derrière nous, pour partir à la conquête du Monde. Pour partir à la découverte de notre Terre.

Ta curiosité nous amuse souvent. Tu ne manques pas une miette de nos balades, de longues discussions. Il t’arrive très souvent de nous interrompre en « grognant » comme si tu voulais participer à nos échanges.

Nos regards se décroisent et se posent sur toi, on sourit, on te regarde, on se regarde, nos cœurs s’emballent. Tu nous parles, tu nous racontes tellement de choses, on imagine à quoi tu penses, ce que tu nous racontes. On laisse marcher notre imagination et on te réponds. Cela te fais souvent rire. Comme si nous entendre parler ton charabia t’amusais. Je pense que tu dois te moquer et tu as bien raison 😆 .

Tu tends ta main, comme pour attraper le vent qui passe, tu regardes le soleil et tu te mets à éternuer (comme Papa) plusieurs fois (comme Maman) Tu touches tout ce qui est à ta portée. Une branche, un mur, des fleurs. Tu éveilles tes sens.

Chaque balade est un peu plus enrichissante. Tu évolues tellement vite que notre seul plaisir est de t’offrir ces petits moments simples en famille qui nous rappellent pourquoi on est si heureux.

Ces petits moments simples, dans une vie, qui sont totalement obligatoires pour l’épanouissement de chacun et donc pour l’épanouissement de notre trio.

Tu es toi, un peu de Papa, un peu de Maman. Nous sommes tous les trois sur un petit nuage quotidien. J’ai souvent peur le soir en rentrant, peur de ne pas arriver à couper avec les tracas de la journée. Et pour Papa, je suppose que c’est pire… Car après tout, pour moi ce ne sont que des clients qui me compliquent la vie mais pour Papa c’est différent. Il côtoie la maladie, la tristesse et la mort. Cela se termine quelque fois bien, heureusement mais pas assez souvent à son goût.
Il nous rappelle sans cesse que beaucoup de choses sont futiles à côté de la maladie et de la tristesse qu’elle engendre. On se regarde, on le regarde, on le serre dans nos bras.
Papa a raison, nous sommes heureux, d’un bonheur simple et incommensurable, nous sommes en bonne santé et c’est sans doute le plus important.

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